Est-ce que je peux tomber enceinte à 47 ans ?

L’insuffisance ovarienne peut être précoce (PIO) ou considérée comme normale à partir d’un certain âge. Ce terme est souvent inconnu des femmes si elles n’ont pas de problèmes de fertilité et parviennent à avoir une grossesse naturelle rapidement.

Cependant, le cas d’insuffisance ovarienne peut être diagnostiqué après un bilan de fertilité et c’est à ce moment que les patientes prennent conscience de la réserve ovarienne et de son importance dans la fertilité.

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L’insuffisance ovarienne est l’une des causes les plus fréquentes de cas d’infertilité et il faut apprendre à savoir comment la mesurer et établir un diagnostic complet pour chaque patient. Nous examinerons ici les principaux indices qui aideront à identifier l’insuffisance ovarienne :

Une réserve ovarienne en baisse

La réserve ovarienne est en fait prédéterminée avant la naissance de chaque femme. On calcule que le fœtus féminin possède déjà une réserve de 6 millions d’œufs alors qu’il est encore dans le ventre de la mère.

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Nous savons que dès la naissance, la réserve ovarienne diminuera régulièrement jusqu’à la ménopause, quand elle sera nulle. Au cours de la vie reproductive de la femme, cette réduction ne sera ni modifiable ni récupérable et on estime qu’environ 1 000 ovocytes sont perdus par cycle menstruel.

S’il est vrai que la réduction de la réserve ovarienne est progressive tout au long de la vie de la femme, elle s’accélère dès l’âge de 35 ans et c’est pourquoi on parle d’une baisse de la fécondité à partir de cet âge. La grossesse, bien sûr, n’est pas impossible, mais sera plus difficile par rapport à un âge maternel plus jeune.

AMH ou hormone anti-mullérienne

L’AMH est l’un des paramètres déterminants en cas d’insuffisance ovarienne. Ce test sanguin, très facile à réaliser, permet de connaître la situation de la réserve ovarienne de la femme, et de vérifier s’il y a baisse ou si les taux correspondent à une femme du même âge.

L’hormone anti-müllérienne est en fait produite par les follicules dans les ovaires , et son dosage nous permet de vérifier si sa production est élevée (en cas de bonne réserve ovarienne) ou faible (en cas d’insuffisance ovarienne).

Si cet examen révèle une insuffisance ovarienne, votre spécialiste peut vous orienter vers le meilleur protocole pour obtenir une grossesse le plus rapidement possible. Le diagnostic d’insuffisance ovarienne ou de ménopause précoce ne signifie pas que la grossesse sera impossible et un protocole adapté stimulera votre activité ovarienne et favorisera la production d’ovocytes.

Les follicules antraux

Les follicules antraux sont les petits sacs contenant les ovocytes, situés à l’intérieur des ovaires, et qui sont visibles au tout début de chaque cycle menstruel. Sur un cycle naturel, un seul de ces follicules va mûrir, mais les ovaires vont effectivement libérer plus ou moins de follicules.

Grâce à une échographie en début de cycle, votre gynécologue pourra compter les follicules dits « antraux » et ont donc un indicateur d’une réserve ovarienne bonne ou faible.

AMH et follicules antraux : vers un premier diagnostic

L’AMH et le comptage folliculaire sont des indices fiables pour le diagnostic de l’insuffisance ovarienne. Il est très important de tenir compte de ces deux informations et de les mettre en contraste avec l’âge du patient. C’est ce que nous obtenons un bon diagnostic.

L’AMH est en soi un indicateur solide pour déterminer la réserve ovarienne d’une femme, mais cela ne suffit pas. Il n’est pas rare de voir une faible AMH et finalement un bon nombre de follicules lors d’une échographie. Il faut donc toujours comparer ces deux données. De plus, une faible AMH à 30 ans n’aura pas le même pronostic qu’un faible taux d’AMH à 40 ans. Il y a donc une étude complète de la femme à réaliser afin d’adapter au mieux le protocole de traitement.

Le cas inverse est également possible, avec une AMH élevée, mais des cas d’infertilité, sans qu’il y ait nécessairement d’insuffisance ovarienne. Il est important ici d’ajouter d’autres paramètres au travail de diagnostic et de rechercher les causes du côté de la génétique ou de la susceptibilité endométriale.

Insuffisance ovarienne et qualité ovarienne

L’insuffisance ovarienne ne signifie pas nécessairement une mauvaise qualité ovarienne, et il est nécessaire de séparer ses deux aspects dans le diagnostic de l’infertilité.

La qualité ovarienne est définie par la génétique de l’ovule. Un ovule génétiquement sain aura le bon nombre de chromosomes, sans aucune malformation sur le caryotype. Sur le au contraire, un ovule de mauvaise qualité aura une altération chromosomique et rendra impossible la fusion avec le sperme ou l’obtention d’un embryon sain.

Malheureusement, il est impossible d’évaluer la qualité de l’ovocyte, et le diagnostic de mauvaise qualité de l’ovocyte est souvent posé en cas de mauvaise qualité embryonnaire, d’échec d’implantation répété ou de fausses couches répétées.

L’âge est également un facteur déterminant de la qualité des ovocytes puisqu’on calcule que la qualité, tout comme la quantité, se détériore après 35 ans.

L’insuffisance ovarienne précoce ne signifie toutefois pas que la qualité diminue également. Mais si la réserve diminue après 35 ans, il est fort probable qu’il y aura également une diminution des œufs de bonne qualité.

En cas d’insuffisance ovarienne précoce, il est alors recommandé de démarrer un protocole MAP le plus rapidement possible afin de ne pas perdre en qualité.

Bien qu’il soit impossible d’améliorer la qualité et la quantité des œufs, il existe des recommandations visant à freiner le déclin de la qualité des ovaires et des ovocytes de réserve.

Une vie saine, une bonne alimentation et un mode de vie sain contribueront sans aucun doute à la fertilité et à la préparation à la grossesse. Les différentes études sur l’influence des facteurs externes sur la fertilité démontrent, par exemple, les effets néfastes du tabac et de l’alcool sur la fertilité et la fonction ovarienne.

Il en va de même pour une mauvaise alimentation ou un surpoids, qui pourraient perturber le système hormonal et donc l’activité ovarienne de la femme. Les situations de stress, de fatigue ou d’anxiété perturbent également la fonction hormonale et peuvent être à l’origine de fausses couches ou d’échecs de grossesse.

Le conseil sera donc de changer certaines habitudes et d’adopter un mode de vie sain, en évitant la consommation de graisses saturées, de sucres rapides et d’excès de sel. Une bonne hydratation sera également importante pour la circulation sanguine et l’irrigation du système reproducteur féminin.

Chaque la patiente aura bien entendu besoin des recommandations d’un spécialiste selon son cas et une consultation rapide est cruciale en cas d’insuffisance ovarienne. Les soins précoces permettent de ne pas perdre de temps et d’agir au mieux pour le patient. Il est conseillé de consulter un spécialiste après 6 mois d’essais infructueux chez les femmes de plus de 35 ans.

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